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La naissance miraculeuse.
Par Paulette Renaud
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Il était une
fois, dans une contrée lointaine, un couple de très pauvres gens.
Lui, était
bûcheron. Son épouse partait tous les matins, dès le lever du jour, ramasser des
baies et des fruits sauvages pour nourrir leur nichée.
C’est qu’ils avaient
vingt trois enfants !
Un jour, la femme, en pleurs confia à son mari un terrible secret: Elle était à nouveau enceinte !
L’homme partit en courant dans la forêt en se tenant la tête et en
hurlant : " Seigneur ! Seigneur ! qu’allons-nous
faire ? Qu’allons-nous devenir ? Comment nourrir cette nouvelle bouche
que le ciel nous impose ? "
Le silence, seul, répondit à sa
question.
L’enfant vint au monde. Il était malingre, chétif. Un souffle de vent aurait pu l’emporter. Il était si petit qu’une coquille de noix lui servit de berceau.
Il fallut lui trouver un prénom. Les parents étaient bien embarrassés. Ils avaient déjà épuisé la série des Pierre, Paul, Patrick, Pascal et autres, pensez donc, après vingt trois antécédents ! Ils décidèrent donc de lui donner comme petit nom une initiale, une consonne, "P" et puisqu’il était le vingt quatrième, il reçut, accolé à la consonne, le nombre 24. Il fut donc baptisé : "P 24".
Un soir, au
crépuscule, alors que le jour se laissait aller à tomber et que la nuit étendait
son noir manteau, P24 sommeillait dans son berceau, devant le seuil de la
maison.
Soudain, une grande ombre recouvrit l’enfant. Les oiseaux
s’arrêtèrent de chanter ; le vent retint son souffle. Les petits lapins et
les renards se mirent au garde à vous sur leur derrière. La nature entière était
aux aguets.
L’ombre prit forme. C’était un aigle ! Allait-il emporter
l’enfant dans ses grandes serres pour le dévorer tout cru ? La forêt
tremblait d’effroi.
L’aigle se posa sur le bord du berceau et tout à coup se
transforma en une merveilleuse jeune femme dont la beauté n’avait d’égale que la
sagesse. " Je me nomme Ariane et je suis fée, dit-elle ; je suis
ta marraine. Le ciel m’a envoyée pour te protéger et t’aider à réaliser ton
destin. Un jour, tu seras grand, tu seras beau ; Les hommes et les femmes
t’admireront. Un jour, tu voleras. "
Sur ces mots, la fée redevint aigle et l’oiseau, après avoir déployé ses ailes majestueuses, reprit sa route dans les cieux.
P24 grandit. Il
restait fragile. Lorsqu’il eut quatre ans son père le conduisit à l’école du
village. Alors l’enfant découvrit le monde. Il était éveillé et très curieux.
Adroit, il prit plaisir à confectionner des petits animaux en papier puis plus
tard en bois. Rapidement il sut lire, compter, écrire et en quelques années
devint un élève modèle. Si sa taille restait petite, son cerveau se développait
de façon stupéfiante. Ses maîtres le prirent en estime et il devint
"le surdoué ".
Malgré la discipline et la rigueur du personnel
enseignant, P24 n’était pas malheureux. Lui qui n’avait jamais rien eu possédait
le savoir et il savourait chaque jour les bienfaits de cette richesse. Les
quolibets de ses camarades relatifs à son aspect chétif et malingre ne
l’atteignaient plus.
Il baignait dans un univers peuplé de chiffres et de
formules magiques.
Vint l’année de
ses quinze ans. P24 obtint le prix d’excellence. La cérémonie avait lieu dans la
cour de l’école. Le lauréat monta sur l’estrade à l’appel de son nom. Il pouvait
apercevoir parmi les nombreux parents présents, son père et sa mère, assis l’un
près de l’autre, souriants et fiers de leur fils.
Tout à coup, alors qu’il
venait de recevoir son prix et l’accolade du professeur principal, le ciel
s’obscurcit au-dessus de la tête du jeune garçon.
Un éclair déchira l’azur
provocant un mouvement de panique dans l’assistance. Un grondement de tonnerre
retentit. L’aigle apparut, magnifique dans cette lumière irréelle. Il se posa
sur l’épaule de l’adolescent et murmura d’une voix douce à son
oreille : " l’heure de ta transformation est venue, courageux
petit soldat. Toi si petit, tu seras grand.
Imite-moi. "
L’oiseau déploie ses grandes ailes ; l’enfant tend ses petits bras qui deviennent des ailes. Son corps s’allonge, se fuselle et se recouvre de métal argenté. Sa tête devient hélice et soudain, accompagné de l’oiseau sorcier, dans un grand bruit de moteur, il s’envole et disparaît dans les nuages.
Mesdames et Messieurs, vous venez de vivre un moment
historique. Vous avez assisté en direct à la naissance de l’Airbus A 380.
Paulette Renaud